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Le suicide chez l'enfant


Le suicide de l’enfant est un phénomène méconnu et peu étudié tant du point de vue clinique qu’épidémiologique. Précisons cependant que les spécialistes s’accordent pour dire que le suicide chez l’enfant est un phénomène rare.

Ne disposant pas de chiffres belges portant sur cette problématique, nous pouvons néanmoins donner, à titre représentatif, les chiffres issus d’une récente étude française. Selon Boris Cyrulnik, « 30 à 100 enfants se tuent chaque année, mais on peut penser qu’un grand nombre d’accidents sont des analogues suicidaires ». Si ce nombre peut paraître marginal, il n’en reste pas moins que, toujours selon Boris Cyrulnik, 16% des enfants pensent que la mort pourrait être une solution à leurs difficultés familiales, scolaires ou relationnelles.


Peut-on parler de processus suicidaire chez l’enfant ?

Le processus suicidaire se manifeste différemment chez l’enfant que chez l’adolescent ou l’adulte. En effet, il se caractérise par une très grande rapidité qui s’explique par le fait que l’enfant est au début de son développement sur les plans cognitif, intellectuel et affectif. Plus il est jeune, plus il est probable qu’il ait recours à des méthodes facilement accessibles, telles que la défénestration, la noyade, les accidents de la route ou l’absorption de médicaments.

Concrètement, l’impulsivité de l’enfant, la pauvreté de son langage et sa compréhension inachevée de la réalité de la mort (conception de la mort chez l’enfant) sont autant de caractéristiques qui peuvent amener un enfant à passer rapidement à l’acte. Ceci est d’autant plus vrai s’il présente des facteurs de vulnérabilité tels que des carences affectives très précoces ou une solitude au moment du passage à l’acte. Des éléments en apparence anodins comme une punition, une dispute ou de mauvaises notes peuvent alors déclencher une réaction violente extrême comme un passage à l’acte suicidaire. C’est souvent parce qu’il a une mauvaise estime de lui-même, qu’il pense ne jamais pourvoir satisfaire l’idéal qu’on attend de lui ou qu’il vit des situations répétées de stress au sein de la famille ou de l’école, qu’un enfant peut recourir à de tels actes.

A l’inverse, l’enfant étant capable de passer rapidement d’une émotion à l’autre, un simple geste ou une simple parole peuvent le détourner d’une tentation suicidaire.


A quels signes être attentifs ?

Le caractère impulsif du passage à l’acte chez l’enfant rend sa prévention compliquée. Dans bon nombre de cas, il est peu évident de distinguer si nous sommes en présence d’une tentative de suicide ou d’un accident. Cette difficulté est surtout présente chez les adultes et les parents pour qui il est souvent bien difficile d’admettre que leur enfant présente des idées suicidaires.

Etant donné la rapidité du processus suicidaire chez l’enfant, il est important d’être attentif à tout comportement qui pourrait laisser penser au suicide (équivalents suicidaires) tels que la répétition de prises de risque, d’accidents domestiques ou d’automutilations. Il peut en effet s’agir de messages adressés aux adultes qui souvent, ne sont pas entendus comme tels. Il en va ici de la capacité des adultes à pouvoir entendre, reconnaître et se mobiliser face à la souffrance des enfants.

 
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