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Le suicide chez la personne âgée


Le suicide chez les aînés demeure une réalité cachée. En effet, il ne s’agit a priori pas d’une « problématique sociétale » inquiétante et bruyamment relayée par les médias comme peut l’être le suicide des jeunes. Or, la réalité de l’acte suicidaire chez les personnes âgées pose de multiples questions tout aussi complexes, tant sur le plan social qu’humain.

Bien entendu, le suicide chez les plus de 60 ans n’apparaît pas parmi les premières causes de mortalité comme c’est le cas chez les jeunes adultes. Pourtant, c’est bien chez les aînés que le taux de suicide est le plus élevé. En réalité, le risque suicidaire augmente avec l’âge et marque un pic très élevé pour les hommes de plus de 75 ans. Par ailleurs, si les jeunes recourent abondamment aux tentatives de suicide, les aînés se distinguent tristement par une proportion de 1 suicide abouti pour 2 à 3 tentatives de suicide. Nous pouvons donc conclure que le geste suicidaire des aînés est généralement plus déterminé qu’aux autres âges de la vie.

Avec la vieillesse, on entre dans un dernier cycle de vie qui comporte des facteurs de risque spécifiques. Ainsi, le processus de deuil de ce que l’on a été est enclenché et chacun le vivra selon ses ressources. Les situations de pertes sont multiples à cet âge de la vie et nous confronte à l’idée que le temps passe. La personne âgée est confrontée à de nombreux évènements stressants :
  • la perte du conjoint et les multiples deuils d’amis ou de connaissances
  • la diminution des facultés physiques et cognitives
  • les problèmes de santé
  • la perte progressive d’autonomie
  • l’entrée éventuelle en maison de repos
  • la perte des repères dans le quotidien
  • les séparations familiales, amicales et sociales
  • ...
Ces évènements seront d’autant plus difficiles à surmonter que les capacités d’adaptation auront perdu de leur plasticité au fil des années. De plus, à côté de ces facteurs spécifiques, les personnes âgées peuvent encore être confrontées aux difficultés que l’on retrouve aux autres âges de la vie.

Ces différents facteurs stressants attirent-ils suffisamment notre attention du fait de leur caractère inéluctable puisque lié à l’avancée en âge ? Pouvons-nous conclure que du fait de leur grand âge, nos aînés sont forcément préparés à vivre tous ces bouleversements ? La personne âgée montre, à travers son vécu, le chemin qui attend les plus jeune. Bien souvent, elle nous renvoie à notre propre peur de vieillir et à la question angoissante de la mort, notre propre mort. Dès lors, sommes-nous en mesure d’entendre ses craintes et la souffrance qui peut en résulter ? Le risque est grand de détourner le regard ou d’éviter d’aborder ces questions avec les aînés.

En raison de ces nombreux facteurs, les aînés risquent de se sentir isolés, « hors-jeu » et incompris. Cela peut les amener à perdre le désir de vivre et à penser au suicide. Différents signaux d’alerte peuvent attirer notre attention :
  • le sentiment d’inutilité et d’incapacité : « je suis une charge, je ne sers plus à rien, je ne sais plus rien faire » ;
  • le désinvestissement des activités et des relations, l’indifférence, la régression ;
  • les troubles de l’alimentation et du sommeil ;
  • le refus du vieillissement ;
  • des plaintes diverses et répétées concernant le quotidien.
Dès lors, l’attention et la présence de l’entourage constituent un vecteur de prévention incontestable.

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